samedi 2 avril 2011

Les toits du monde.





je met des photos que j'ai prise moi, finalement. La première était de Barbé, mais représentait pas la vision que j'en avais la lumière et la chaleur.


Divagation III.

(cette vie qu'on nous impose nous vide de notre essence je suppose)

T’es belle Cécile et quand tes cils noirs dégoulinent ton iris émeraude m’apparaît sublime.


Cécile et ses cils noirs glisseront dans la nuit sans daigner feindre un au revoir qu’elle aurait pu chuchoter dans la pénombre d’un appartement trop grand pour une solitude affable. Que résonnent dans les catacombes du monde les mots que tu n’as jamais dit tandis que l’ivresse gagne nos êtres ensevelis. Qu’ils cognent aux cavités de ton âme, dans un écho lugubre et retentissant, a rendre fou le plus censé d’entre nous, ton corps est une grotte où les mots humides se cognent et raisonnent. Une tempête. Une tempête de sable fouettait son visage strié de larmes trop longtemps retenues. Violent soubresauts de vie. Saisir le vide de tes mains nues ou juste, entre le pouce et l’index, la cigarette, tu souries en tirant, un peu saoul, t’oublies. Et c’est bien mieux comme ça. Tu fais ton dédaigneux quand tu bois. Ferme les yeux, les lumières t’aveuglent pense aux papillons bleus du désert qui n’existent que dans tes rêves. Plonger son visage dans le sable aride mais chaud d’une plage sans mer dont tu as bêtement oublié le nom. Se remplir la bouche de sable et attendre. Lente suffocation, le soleil pèse et brûle ton crâne aux cheveux sombres, tu voulais juste un au revoir, laché dans la pénombre et chuchoté par des lèvres furibondes, d’un rouge pourprement incroyable. Tu rêves de scorpions noirs le soir, endormi contre les trottoirs dur non loin du bar où ta biture rend la vie indolore, oublie. Comme dit l’autre y’a bien pire que nous, y’a bien pire que tout. Mais c’est pas ça le pire, le pire c’est que des millions d’êtres enhardis dont tu fais partie, dans un sourire insipide, courent vers l’avenir en courbant l’échine, et tout cela sans prière, mes frères.
Tu sais lire entre les lignes où faudra-t-il que je t’explique ? C’était une promesse que le monde t’avait faite, les voyages, les amours magnifiques et fort, le sublime et l’ivresse. mais aujourd’hui que tout s’échappe et que tu baisses la tête, les yeux rivés au sol, répétant les mêmes gestes, pour gagner ta gamelle, les bleus de ton âme se cognent à la frustration sauvage d’un miroitant mirage qu’on a fait apparaître. Oasis incomplète. Alors il faut se battre ou bien sombrer, course haletante de la vie. Cécile boit dans un bar aux lumières aussi rouge que sa bouche. L’encre sèche sur ses pages blanches, et la mer lui manque. Un clodo arrive tout boitant, léchant son unique dent et gueulant : je t’aurais beauté, je te baiserais la vie. Et c’est l’expression de nos sentiments à tous, tristement enfouis. Cécile le sait, ses cils sont humides alors, mais qu’importe cette pauvre fille. Qu’importe cette pauvre vie, où écrasés nous haletons, mal nés, manque de pot, trop de goût pour la beauté, marmot. Ta mélancolie s’accroche à tes sabots, et tes pas sont lourds, si lourds. Foudroyant éclair déchirant ton être et aveuglant tes yeux quand se pointe la vérité, le secret bien gardé d’une vie d’esclave. Sur les toits du monde, s’il te plait, s’il vous plait, mes frères, et sans prière, tout est plus beau vu d’en haut, et c’est pas moi qui le dit, et la lumière est jaune et t’as moins peur que la nuit. On a plus besoin de boire, on a plus besoin de whiskey, les appartement sont gris, la lumière te nourrit, le ciel d’azur est troué de nuages nacrés, tu t’amuses avec les antennes de fer, la ville est à tes pieds, panorama urbain où les petites tours te défient, où les immeubles gris, pleins de charme et de linges suspendus te saluent, le béton ne ressemble plus à du béton sur ce toit, et tes pieds nus se réchauffent, tandis que le vent souffle, la ville est à tes pieds, les cheveux blonds de cécile lui fouettent le visage, son sourire est chaleureux et son épaule nue te rend carnassier. La vi(ll)e est à tes pieds mais tout reste incomplet où sont les papillons bleus du désert et les scorpions noirs qui rampent sur ta chaire ? Dans un éclair, dans la misère, les cauchemars et les rêves, à jamais confondus. Les petites gens vu d’ici, sont vraiment tout petit, tu perçois encore leurs cris, et les rugissements d’une moto deux cents chevaux qui pétarade puis disparaît laissant place au silence. Fonds dans l’air et disparaît, tremble sans tourmente. Explose en milliards de minuscules particules solaires et rayonne une dernière fois, tandis que tu t’éparpilles aux quatres vents. Tu seras un petit bout du désert, et du sable près de la mer. Mais tu restes fier. C’était toi, le roi du couteau.



I'M COLD.(you gotta pay the price)

2 commentaires: