Ode aux crabes barbus.
Ode à la beauté, et à toi, que j'ai perdue.
Ode aux oiseaux détrônés, dont le plumage ancien,
est le reflet d'un éclat éteint, disparu.
Le temps, machine fumante, sonore et tordue,
aux engrenages sombres et aux murmures abbatus
dévore tout,
mirez,
du haut de vos globes froids ces vieilles femmes dévêtues,
ces squelettes arpentant les boulevards de guingois,
et nos rêves déchus.
tombant sur le sol, flot misérable, déchet lacrymal,crime absolu,
inondant les avenues.
trop vite passées.
Le reflet de l'inconnu,
dans la grande vitre d' en face;
La boutique de l'Antiquaire,
qui vendait ses oiseaux de bois,
ses bonhommes de fers,
et des vases d'autrefois,
peints de fleurs et de flammes éteintes,
ici et là s'étendait son pâle enfer;
toi, l'inconnu que je n'ai pas retenu, un de ces quatre matins glacé, -c'était peut être hier;
Tu avais, d'un simple regard, compris le drame de l'antiquaire.
Qu'est-tu devenu ? Où t'a porté la vie, et maintenant qu'es-tu ? Un sac d'os toi aussi?
Trainant ta carcasse et fumant dans ton lit?
Qu'importe si le vent t'emportes, mais murmure-moi, doucement, la réponse attendue.
Ne t'en fais pas, je leurs dirais que c'est les étoiles, ou peut être, un être étrange, dans une galaxie perdue;
Tu vois, maintenant on se ressemble, et l'heure douce est venue, de te poser ma question indécente, trop longtemps retenue :
Penses-tu que nous ne serons que des cendres fumantes, éparpillée sur l'océan étendu ? Les vagues répètent leurs danses étranges, dans d'inlassable roulement bleus, étirements cyan, dont la mousse écumante et blanche explose en nuée sur le sable doré, près des petits crabes barbus.
Qui sait ? J'entendrais peut-être ta réponse, dans la dernière heure noire, d'une vie d'escroc biscornu.
Néanmoins, je continue :
ode aux rois disparus,
aux animaux encore sauvages,
aux déchets gris et puants,
qui habitent les rues.
Aux paysages aveuglant,
à la lumière qui tombe, pluie d'or, sur les rebords
de ma fenêtre. L'aube défendue
et prospère, rayons jaunes dans ma poussière.
Ode à la profondeur sonore,
de ces quelques notes, sur ce grand piano noir;
à la beauté d'une guitare aux cordes usées,
noble mais abandonnée. Elle raisonne encore, seule, quand on la frôle,
avec gravité.
ode aux tendres clochards,
qui grelotent par terre,
entre trois canettes de bières,
à leurs gants troués,
leurs sourires d'édentés,
vois-tu sur leurs morceaux de carton,
ils dessinent
les frontières de notre civilisation.
un abîme
profond et sans couleurs
ode aux bars pourpres,
éviscérés de monde,
à ces amis d'un moment seulement,
à ces breuvages alcoolisés,
qui, dit-on, aident à oublier.
Ode à certaines fleurs de la terre,
qui naissent et meurent sans que personne ne les regardent
ode à la chaire de ma chaire,
à mes soeurs et à mes frères,
à ma mère et à mon père,
aux femmes sans vertu,
à ta bouche rouge, inconnue,
à la galaxie interstellaire
à l'humanité, monstrueuse et entière
et à toi, que j'ai perdu.
que trépassent les rêves et les erreurs
de naguerre,
l'amour et la guerre,
le sang et les nuages,
puisque nous ne serons que cendres,
sur ces terres et ces mers sans âges,
il restera nos paysages, peut être, ces quelques
avenues
le soleil brulant, le rire des enfants,
la mer pâle et nue,
la beauté de l'oiseau sauvage,
et les petits crabes barbus.
Ils étaient là avant-nous déjà, au temps des dinosaures. Je te le dis, à toi, si tu l'ignores, cher inconnu, murmure aux quatre coins du petit ciel, la vérité perdue.
Lacet, 3 am, 17 novembre.
LE COEUR A PERDU LA RAISON LE COEUR EST UNE BOMBE A RETARDEMENT. Des textes que je traine derrière moi une autre vie d'espoir et d'autres trucs (tous les textes, brouillons, poèmes, nouvelles sont de moi, plus ou moins vieux)
mercredi 16 novembre 2011
samedi 12 novembre 2011
Black Tulip
Tulipe noire
On s’est tous un peu perdu sur la route, parfois sans étoiles.
Et la tulipe noire, éclose de ta pourpre bouche a déposé le voile :
De l’infinie perte, d’une raison abstraite, folie primaire et déchirante.
La chute d’un oiseau maladroit dont le chant encore aujourd’hui me hante.
Au loin tombaient, uns a uns, les sombres pétales. L’éffondrement d’un empire, dans un cri guttural. Lave en mon âme décharnée, secouée de peur. Dans la nuit sans lumière j’entends encore la clameur. Et je te revois, toi et ton sourire, tes yeux clairs et rieurs, fut un temps ou ma seule lumière était ses deux lacs pâles, dénués de couleurs. On dessinait le monde.
Sache que je ne t’oublierais pas. Malgré la haine, ces trains et ces avions qui déchirent les paysages et le ciel.
la distance sournoise, les mensonges terribles.
Douloureusement, tu es cachée dans mon cœur cet abîme, amie, et personne, jamais, ne t’y trouveras. tulipe noire, histoires d’autrefois.
J’entends la clameur, je perçois les rumeurs. Mains noueuses, virevoltant désarrois. Mais toi, comme moi, peut-être qu’un de ces jours, on sera heureux, en montrant du doigt la beauté, les plumes de l’oiseau, la lumière dorée, l’eau translucide où les vagues s’anéantissent dans un murmure sans âge et sans couleur. Sur le sable, doucement.
La trace légère d’une patte de mouette encrée dans le béton gris, près du port. Et sans faire vraiment de bruits, nos souvenirs qui s’évaporent.
Voyage sans fin, route illuminée. Musique d’un autre monde, basses stellaires et violons enchaînés. Je te souhaite d’être assise au bord de la mer, dans un vieux café, quelque part en Amérique latine, heureuse, dans la lumière et un son de Bossa, je te souhaite les tangos brûlants. Et les rêves d’autrefois. À ton départ, à tes vingt ans. Toi, que je ne reverrais pas.
Lacet 3:31 am november 7, london.
On s’est tous un peu perdu sur la route, parfois sans étoiles.
Et la tulipe noire, éclose de ta pourpre bouche a déposé le voile :
De l’infinie perte, d’une raison abstraite, folie primaire et déchirante.
La chute d’un oiseau maladroit dont le chant encore aujourd’hui me hante.
Au loin tombaient, uns a uns, les sombres pétales. L’éffondrement d’un empire, dans un cri guttural. Lave en mon âme décharnée, secouée de peur. Dans la nuit sans lumière j’entends encore la clameur. Et je te revois, toi et ton sourire, tes yeux clairs et rieurs, fut un temps ou ma seule lumière était ses deux lacs pâles, dénués de couleurs. On dessinait le monde.
Sache que je ne t’oublierais pas. Malgré la haine, ces trains et ces avions qui déchirent les paysages et le ciel.
la distance sournoise, les mensonges terribles.
Douloureusement, tu es cachée dans mon cœur cet abîme, amie, et personne, jamais, ne t’y trouveras. tulipe noire, histoires d’autrefois.
J’entends la clameur, je perçois les rumeurs. Mains noueuses, virevoltant désarrois. Mais toi, comme moi, peut-être qu’un de ces jours, on sera heureux, en montrant du doigt la beauté, les plumes de l’oiseau, la lumière dorée, l’eau translucide où les vagues s’anéantissent dans un murmure sans âge et sans couleur. Sur le sable, doucement.
La trace légère d’une patte de mouette encrée dans le béton gris, près du port. Et sans faire vraiment de bruits, nos souvenirs qui s’évaporent.
Voyage sans fin, route illuminée. Musique d’un autre monde, basses stellaires et violons enchaînés. Je te souhaite d’être assise au bord de la mer, dans un vieux café, quelque part en Amérique latine, heureuse, dans la lumière et un son de Bossa, je te souhaite les tangos brûlants. Et les rêves d’autrefois. À ton départ, à tes vingt ans. Toi, que je ne reverrais pas.
Lacet 3:31 am november 7, london.
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