dimanche 6 mai 2012

à la Prevert, pour Prevert


à Prevert

La glaçe fond
l’univers vous répond
qu’il faut faire attention
aux gens
assis
debout
à vous à toi à nous
aux sanglots comme des rivières
qui transpercent les coeurs
qui envahit vos maisons
et chasse les oiseaux

parfois j’entends des choses et des belles
je lis des mots si jolis
si délicats si vrais
que la cigarette me tombe comme ça
de la bouche
et que je reste la
emerveillé
par les paroles des autres

et les chants raisonnent et dans les rues
c’est tout un poème 
le fracas des bouteilles
les bus qui soupirent
le bruit de mouche des lampadaires
la dame qui demande son chemin
à deux bambins 
qui ont des chapeaux de pirates
mais pas encore de perroquets
ni de jambes de bois
d’un vieux bois de cyprès
Etes vous des corsaires ?
demande la dame qui n’y voit presque rien
c’est une taupe à lunettes 
non nous sommes la misère 
et la joie sans colère
tout à fait reunis
et ils lui indiquent le mauvais chemin
et la petite taupe grise se perd
et toute la nuit dans paris èrre

oui il faut faire attention
aux gens
assis
debout
à vous à toi à nous
enfin à toi surtout
et ce qu’il faut faire
parfois
c’est s’asseoir sur un banc
un très vieux banc vert
un peu longtemps
dans la nuit
avec le bruit de mouche des lampadaires
oublier la cacophonie et les mensonges
penser aux oiseaux
aux jolis songes
au bruit de la mer
aux poèmes de Prevert


Lacet

lundi 2 avril 2012

La grande allée pavée d'un soleil encore hivernal,

Bordée d'hautes-herbes et de pierres sans fissures ni pétales

Mon frère, petit, n'avait de cesse de frapper la balle

De cuir cousue d'or, trésor d'enfance inégale.


Les fontaines verdâtres du Parc Monstouris,

Souvenirs colombes tant d'années à mes pieds endormis,

s'envolent en un bruissement d'aile de nacre pâle,

La chaleur douce d'un printemps aux milliers de râles


Lac éteints, canards boiteux, chevaux de bois,

Les hasards malencontreux, les grands tournois,

La chasse et les filles, la cachette au coin du saule-pleureur,

Toujours battu par le vent fort, injuste et railleur.


Nos questions d'enfants, Il est beau, crois-tu vraiment qu'il pleure ?

Tu m'avais dit, oui, mais gare au secret

La mélancolie souvent se pare derrière les plus beaux attraits

Depuis ce jour j'ai une grande peine au coeur,


Pour ces arbres, majestueux mais maudits,

Dont la sève miel est comme mon sang endormi,

Quand je parcours les chemins camels du Parc Monstouris.



Lacet 2/04/2012

dimanche 1 avril 2012

Les reflets pourpre de nos éléphants verts

Une boite d'allumettes à éléphants verts,
Le jardin des plantes et ses cailloux sables tout par terre,
Les serres transparentes aux baobabs d'ailleurs,
La chaleur étouffante, parait-il, étouffe les coeurs.

Une boite d'allumettes à éléphants bleus,
Les poèmes de Prevert et tes cils amoureux,
Les machines de fers et leurs rails argentés,
Vrombissement tonerre, ton envolée de pensées.

Une boite d'allumettes à éléphants d'or,
La nuit est claire, je me demande si tu dors,
Paris semble étrangère, étirée dans un long soupir,
Rôde un vagabond autrefois célèbre émir

Aux palais de nacres et autres empires.
Il dessine dans l'air un oiseau puis une croix,
Une dame aux boucles d'argent m'a murmuré l'autre fois,
Que dans le temps ancien, celui qui, comme du granit s'effrite entre les doigts

Son jardin était si beau qu'il faisait pâlir,
Les vendeurs de sabres aux coeurs impénétrables,
les escrocs, les pirates, les vendeurs de saphirs,
les dresseurs de tigres, les cobras noirs d'Afrique.

Peut-être ne sont-ce que des histoires,
Mais dans les nuits sans sommeil il est vrai que j'aime à croire,
Que ce fier en guenille jamais déchiré d'un soupir,
N'est rien d'autres que le plus noble des anciens émirs.