Une boite d'allumettes à éléphants verts,
Le jardin des plantes et ses cailloux sables tout par terre,
Les serres transparentes aux baobabs d'ailleurs,
La chaleur étouffante, parait-il, étouffe les coeurs.
Une boite d'allumettes à éléphants bleus,
Les poèmes de Prevert et tes cils amoureux,
Les machines de fers et leurs rails argentés,
Vrombissement tonerre, ton envolée de pensées.
Une boite d'allumettes à éléphants d'or,
La nuit est claire, je me demande si tu dors,
Paris semble étrangère, étirée dans un long soupir,
Rôde un vagabond autrefois célèbre émir
Aux palais de nacres et autres empires.
Il dessine dans l'air un oiseau puis une croix,
Une dame aux boucles d'argent m'a murmuré l'autre fois,
Que dans le temps ancien, celui qui, comme du granit s'effrite entre les doigts
Son jardin était si beau qu'il faisait pâlir,
Les vendeurs de sabres aux coeurs impénétrables,
les escrocs, les pirates, les vendeurs de saphirs,
les dresseurs de tigres, les cobras noirs d'Afrique.
Peut-être ne sont-ce que des histoires,
Mais dans les nuits sans sommeil il est vrai que j'aime à croire,
Que ce fier en guenille jamais déchiré d'un soupir,
N'est rien d'autres que le plus noble des anciens émirs.
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