lundi 2 avril 2012

La grande allée pavée d'un soleil encore hivernal,

Bordée d'hautes-herbes et de pierres sans fissures ni pétales

Mon frère, petit, n'avait de cesse de frapper la balle

De cuir cousue d'or, trésor d'enfance inégale.


Les fontaines verdâtres du Parc Monstouris,

Souvenirs colombes tant d'années à mes pieds endormis,

s'envolent en un bruissement d'aile de nacre pâle,

La chaleur douce d'un printemps aux milliers de râles


Lac éteints, canards boiteux, chevaux de bois,

Les hasards malencontreux, les grands tournois,

La chasse et les filles, la cachette au coin du saule-pleureur,

Toujours battu par le vent fort, injuste et railleur.


Nos questions d'enfants, Il est beau, crois-tu vraiment qu'il pleure ?

Tu m'avais dit, oui, mais gare au secret

La mélancolie souvent se pare derrière les plus beaux attraits

Depuis ce jour j'ai une grande peine au coeur,


Pour ces arbres, majestueux mais maudits,

Dont la sève miel est comme mon sang endormi,

Quand je parcours les chemins camels du Parc Monstouris.



Lacet 2/04/2012

dimanche 1 avril 2012

Les reflets pourpre de nos éléphants verts

Une boite d'allumettes à éléphants verts,
Le jardin des plantes et ses cailloux sables tout par terre,
Les serres transparentes aux baobabs d'ailleurs,
La chaleur étouffante, parait-il, étouffe les coeurs.

Une boite d'allumettes à éléphants bleus,
Les poèmes de Prevert et tes cils amoureux,
Les machines de fers et leurs rails argentés,
Vrombissement tonerre, ton envolée de pensées.

Une boite d'allumettes à éléphants d'or,
La nuit est claire, je me demande si tu dors,
Paris semble étrangère, étirée dans un long soupir,
Rôde un vagabond autrefois célèbre émir

Aux palais de nacres et autres empires.
Il dessine dans l'air un oiseau puis une croix,
Une dame aux boucles d'argent m'a murmuré l'autre fois,
Que dans le temps ancien, celui qui, comme du granit s'effrite entre les doigts

Son jardin était si beau qu'il faisait pâlir,
Les vendeurs de sabres aux coeurs impénétrables,
les escrocs, les pirates, les vendeurs de saphirs,
les dresseurs de tigres, les cobras noirs d'Afrique.

Peut-être ne sont-ce que des histoires,
Mais dans les nuits sans sommeil il est vrai que j'aime à croire,
Que ce fier en guenille jamais déchiré d'un soupir,
N'est rien d'autres que le plus noble des anciens émirs.