à Prevert
La glaçe fond
l’univers vous répond
qu’il faut faire attention
aux gens
assis
debout
à vous à toi à nous
aux sanglots comme des rivières
qui transpercent les coeurs
qui envahit vos maisons
et chasse les oiseaux
parfois j’entends des choses et des belles
je lis des mots si jolis
si délicats si vrais
que la cigarette me tombe comme ça
de la bouche
et que je reste la
emerveillé
par les paroles des autres
et les chants raisonnent et dans les rues
c’est tout un poème
le fracas des bouteilles
les bus qui soupirent
le bruit de mouche des lampadaires
la dame qui demande son chemin
à deux bambins
qui ont des chapeaux de pirates
mais pas encore de perroquets
ni de jambes de bois
d’un vieux bois de cyprès
Etes vous des corsaires ?
demande la dame qui n’y voit presque rien
c’est une taupe à lunettes
non nous sommes la misère
et la joie sans colère
tout à fait reunis
et ils lui indiquent le mauvais chemin
et la petite taupe grise se perd
et toute la nuit dans paris èrre
oui il faut faire attention
aux gens
assis
debout
à vous à toi à nous
enfin à toi surtout
et ce qu’il faut faire
parfois
c’est s’asseoir sur un banc
un très vieux banc vert
un peu longtemps
dans la nuit
avec le bruit de mouche des lampadaires
oublier la cacophonie et les mensonges
penser aux oiseaux
aux jolis songes
au bruit de la mer
aux poèmes de Prevert
Lacet
Lacet

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