Tulipe noire
On s’est tous un peu perdu sur la route, parfois sans étoiles.
Et la tulipe noire, éclose de ta pourpre bouche a déposé le voile :
De l’infinie perte, d’une raison abstraite, folie primaire et déchirante.
La chute d’un oiseau maladroit dont le chant encore aujourd’hui me hante.
Au loin tombaient, uns a uns, les sombres pétales. L’éffondrement d’un empire, dans un cri guttural. Lave en mon âme décharnée, secouée de peur. Dans la nuit sans lumière j’entends encore la clameur. Et je te revois, toi et ton sourire, tes yeux clairs et rieurs, fut un temps ou ma seule lumière était ses deux lacs pâles, dénués de couleurs. On dessinait le monde.
Sache que je ne t’oublierais pas. Malgré la haine, ces trains et ces avions qui déchirent les paysages et le ciel.
la distance sournoise, les mensonges terribles.
Douloureusement, tu es cachée dans mon cœur cet abîme, amie, et personne, jamais, ne t’y trouveras. tulipe noire, histoires d’autrefois.
J’entends la clameur, je perçois les rumeurs. Mains noueuses, virevoltant désarrois. Mais toi, comme moi, peut-être qu’un de ces jours, on sera heureux, en montrant du doigt la beauté, les plumes de l’oiseau, la lumière dorée, l’eau translucide où les vagues s’anéantissent dans un murmure sans âge et sans couleur. Sur le sable, doucement.
La trace légère d’une patte de mouette encrée dans le béton gris, près du port. Et sans faire vraiment de bruits, nos souvenirs qui s’évaporent.
Voyage sans fin, route illuminée. Musique d’un autre monde, basses stellaires et violons enchaînés. Je te souhaite d’être assise au bord de la mer, dans un vieux café, quelque part en Amérique latine, heureuse, dans la lumière et un son de Bossa, je te souhaite les tangos brûlants. Et les rêves d’autrefois. À ton départ, à tes vingt ans. Toi, que je ne reverrais pas.
Lacet 3:31 am november 7, london.
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