samedi 26 mars 2011

I could tell they was mine from the oil and the gasoline.


Divagation II (ca vaut rien mais ça fait du bien)

Suprême beauté qui envahit tes yeux ces matins où tout n’est que cendre dans tes mains froide. C’est la joue contre le bitume que t’as traversé cette nuit, glaçante de mépris, de solitude. Ta bouteille. Dans ta gueule. T’as voulu fuir ? Tu bouffes maintenant. Tu bouffes. Mais c’est pas bien grave parce que le sol gris, aujourd'hui, c’est un peu ta mère et puis ton père aussi. Alors oui, les nuits noires, tes yeux se fatiguent à chercher les lumières blafardes qui pourraient sublimer le ciel, les quelques milliards d’étoiles. Mais pas ce soir, non pas ce soir. Y’a les lampadaires. Recroquevillé contre la terre, contre le sol, saoul et seul. Mais c’est pas grave, t’entends, c'est pas bien grave. Les matins solitaires, ta barbe a poussé, et tu sais que chaque pas t’emporteras un peu plus loin qu’hier, vers de nouvelles terres. Et t’as faim, mais c’est pas grave mec. La faim c’est qu’un grand trou qui te déchire le bide, et puis, un moment, ça passe la faim. Et t’es seul, mais c’est pas grave non plus, t’as assez vécu pour savoir que dans cette vie, on est toujours seuls. Et que ceux qui vivent encore bordés d’illusions à la con, se feront enculer dans peu de temps. C’est triste mais vrai. Mais relativise mec, y’a la lumière d’or qui habille les rues grises et belles, les mains sur les bouteilles de whiskey, les yeux de l’inconnue, que tu croises et qui t’oublies. Parfois, parfois, elle baisse les yeux. Mes inconnues, leurs regards de braise qui se détournent. Et puis y’a les gens que tu croises une fois et avec qui tu ris, y’a les gentils, parce que oui ça existe, et les corps qui s’entremêlent avec violence et magnificence. Y’a la musique aussi, que tu peux plus écouter, mais que t’imagines assez bien. Parfois, tu hurles des pourquoi à la lune qui ne te répond pas, déchirant ta gorge et ta voix, et quand t’entends, au loin, des pas qui se rapprochent de toi et qui claquent sur le macadam, tu files, tu fuis, tu dévales les escaliers de pierres dans la nuit et te retrouve les pieds dans le sable froid. Dans l’eau noire, tu flottes, doux remous, plus calme que ceux de ton âme, les yeux grand ouverts a défier le monde, tu fais la planche, et le sel ravit tes lèvres, quand l’eau claque sur ton visage. T’as pas peur, et pas froid.

Guéthary, mon amour, tes matins me manquent. Tu marchais dans les petites rues encore vides de monde. Toujours cette lumière d’or dont je parle souvent et qui baignait ton cœur de petite ville basque, oui les nuits étaient folles, on se bourrait la gueule jusqu’au bout, et les matins, si beaux. La mer et son étendue bleue s'étirant à l'infini. C’était un village en hauteur, et on voyait l’océan posté sur le fronton. Pour y accéder, fallait descendre des tas de marches grises et mal taillées, ça tournait, un peu, comme les lacets de Biarritz. Et quand t’arrivais en bas, bonheur rare. L’après-midi il faisait chaud, et le sol brulait tes pieds, le sable aussi, y’avait d’énormes rochers qu’on escaladait, presque nus, des kilomètres de pierres, parfois plates, souvent coupantes, pour rejoindre l’autre plage, Louhabia. le soleil frappait notre dos, et on était fiers. Après l’épopée, on courrait dans les vagues en riant puis, quand l’après-midi s’étéignait. On partait, affamés, défoncés, du sel plein les cils vers le fastfood le plus proche. Guethary mon amour . Tes maisons aux toits et volets rouges. Maite zaitut Euskal Herria.

T’as pas peur et pas froid, mais t’es seul, et souvent la nuit est cruelle.

Suprême beauté qui envahit tes yeux ces matins vibrant d’un soleil que tu ne pensais plus revoir. Le mieux c’est quand tu prends le bus ou n’importe quoi d’autre, mais que tu bouges vite, tôt, que les paysages changent et défilent, te surprennent de leurs beauté assassine. Le monde est beau, baigné dans cette lumière sublime.

(Et y’a aussi les nuits bleues, le béton des villes sombre, les lumières rouges et jaunes des phares, des feus. La vie qui t’entoure te submerge, et tu te sens vivant. Les grandes villes t’ensorcèlent, tellement grouillante de vie et d’atmosphère changeante, dans la chaleur ou sous la pluie.)


blue jean blues



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