vendredi 27 août 2010

analyse

"-pour commencer j’aime bien le fait qu’il y ait vraiment très peu de ponctuation, voire pas du tout, les vers se déroulent, c’est fluide, spontané mais travaillé, on est pas gênés par des monceaux de virgules ou autres qui nous obligent à marquer un temps d’arrêt, du coup ça facilite vachement la lecture que ce soit à l’oral ou dans la tête. au premier abord ça peut paraître chaud de garder le fil, surtout que t’as quand même tendance à écrire comme si tu parlais donc c’est un style plutôt oratoire, on sait pas vraiment où s’arrêter ce qui fait qu’on est bien obligés de le lire plusieurs fois de suite pour bien s’imprégner de chaque terme, visualiser chaque image et faire le lien entre eux, au début on est séduits par la forme puis à force d’insister on adhère au fond, au final le fait qu’il soit un peu «décousu » en fait tout l’intérêt, je trouve ça beaucoup plus intéressant de lire des choses un peu moins classiques qui suivent pas une structure prédéfinie, ça sort de l’ordinaire, ça te ressemble, quoi

-l’absence de rimes aussi, ça me fait beaucoup penser à Prévert, c’est nettement moins scolaire je trouve, moins conformiste, moins soporifique aussi.

-les anaphores « trois fois ils frappent sur la porte bleue de mon sommeil, dans ce miroir… » qui font un peu comme un refrain, en fait ton poème me fait penser à tes chansons, on pourrait carrément le mettre sur de la musique

-je sais pas comment on peut appeler ça, le fait que tu finisses un vers sur un groupe de mots et que tu le reprennes au début du suivant « la vie était. la vie n’était pas un problème » dans une tournure négative, en fait c’est-ce que j’ai tout de suite préféré, ça donne un rythme spécial, c’est comme si tu faisais une boucle entre les deux idées même si elles sont opposées, ça rompt pas la continuité du flot, malgré le point (je sais pas si tu me suis?)

-les répétitions « il n’y a pas il n’y a pas » « et là, et là » « et que, et que » qui ont surtout un intérêt oratoire, je trouve que ça fait un peu chanter les vers, encore une fois ça me rappelle tes chansons, y’a indéniablement une musicalité due surtout à la fluidité mais surtout à ces figures d’insistance, répétitions, anaphores etc.

sinon le mètre est assez constant (quatre pieds si je sais encore compter) même si ça part un peu en cacahuète vers la fin, ça ordonne un peu le tout, je pense que si c’étaient que des vers impairs on perdrait vraiment le fil du texte mais grâce à ça tu parviens quand même à maintenir une certaine constance, sur ça chapeau parce que c’est-ce qu’il y a de plus galère à faire. ça donne un flot régulier aux vers, ça facilite la diction aussi, et c’est plus agréable à écouter

-pour quitter un peu les procédés et tout ça, j’aime bien le jeu des couleurs, les contrastes, c’est vachement visuel en plus d’être musical, c’est pas un simple bloc de mots soigneusement disposés pour produire de jolis vers bien comme il faut, au contraire ça appelle vachement aux sens, c’est pas un poème superficiel et consensuel comme on en trouve à la pelle

-et pour finir le fait que ce soit une vraie histoire, y’a une progression du début à la fin, on passe du sommeil au réveil, de l’angoisse à l’apaisement, là aussi y’a un jeu de contrastes comme avec les couleurs, c’est peut-être là tout le sens du poème, la différence entre deux états antagonistes, entre le rêve et le cauchemar, mais là je m’enflamme et je préfère que tu m’expliques toi-même"


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